L'addition invisible : ce que coûte vraiment l'inaction face aux RPS
- Taskies Corporation
- 27 juil.
- 3 min de lecture
Une DRH d'une PME de 90 employés à Trois-Rivières nous racontait récemment sa logique du printemps dernier : « On savait que la Loi 27 s'en venait, mais on avait deux postes vacants, un projet ERP en retard et un budget serré. Les RPS, ça pouvait attendre. »
Six mois plus tard, elle a perdu trois employés clés en deux mois, dont un gestionnaire qu'elle formait depuis trois ans. Rien à voir avec les RPS, pensait-elle d'abord. Jusqu'à ce que les entretiens de départ révèlent le même mot, répété trois fois : épuisement.
C'est l'histoire d'à peu près toutes les entreprises qui remettent les RPS à plus tard. Le coût de l'inaction n'arrive jamais comme une facture unique. Il s'accumule en silence, ligne par ligne, jusqu'à ce qu'il devienne impossible à ignorer.

Le coût qu'on voit finalement
Le roulement de personnel est la conséquence la plus mesurable, et la plus chère. Au Canada, remplacer un employé coûte en moyenne autour de 30 000 $ par an une fois qu'on additionne le recrutement, la formation et la perte de productivité pendant la transition. Près d'un employeur sur cinq affirme que ce coût dépasse carrément 100 000 $ pour certains postes.
Et le roulement n'est presque jamais un hasard. Quand la charge de travail, le manque de reconnaissance ou l'absence de soutien de la part des gestionnaires ne sont jamais nommés ni mesurés, ils finissent par se traduire en démissions. Sauf que sur le coup, personne ne fait le lien.
Le coût qu'on ne voit presque jamais
Il y a plus insidieux que l'absentéisme : le présentéisme.
Ce sont les employés qui sont là, physiquement, mais dont l'énergie et la concentration ont déjà quitté l'édifice. Ils ne comptent dans aucune statistique d'absences. Ils font simplement le strict minimum, en attendant soit de partir, soit de craquer.
Ajoutez à ça le climat qui se dégrade tranquillement : les meilleurs éléments partent en premier, les autres restent mais recrutent moins bien qu'avant, parce qu'une réputation d'employeur qui ne gère pas la santé psychologique de son équipe finit toujours par se savoir.
Le coût réglementaire, depuis octobre 2025
Depuis l'entrée en vigueur de la Loi 27, ce n'est plus seulement une question de bon sens managérial. Une première infraction liée à la non-conformité peut entraîner une amende pouvant atteindre 20 000 $, et les pénalités prévues par la loi sur la santé et sécurité au travail s'échelonnent de 1 000 $ à 100 000 $ selon la gravité.
Le détail que beaucoup de gestionnaires ignorent : les ordonnances de la CNESST sont publiées publiquement. Ce n'est donc pas juste une question d'amende à payer en privé. C'est un dossier de non-conformité que vos futurs employés, vos clients et vos concurrents peuvent consulter.
Refaire le calcul
Quand on additionne le roulement évitable, le présentéisme, le climat de travail et le risque réglementaire, l'inaction n'est jamais la moins chère des deux options. Elle est simplement celle dont la facture arrive plus tard, et divisée en plusieurs paiements qu'on ne relie pas toujours entre eux.
À l'inverse, structurer une démarche RPS n'est pas une dépense de conformité qu'on coche une fois par année. C'est un investissement qui se rembourse en rétention, en productivité et en tranquillité d'esprit, bien avant qu'un inspecteur ne cogne à la porte.
La DRH de Trois-Rivières le résume mieux que nous : « J'aurais préféré payer pour un diagnostic au printemps plutôt que pour trois départs à l'automne. »
Et vous, savez-vous ce que l'inaction coûte réellement à votre organisation ?
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