Le gestionnaire de proximité : le levier RPS le plus sous-estimé
- Mentalia
- 17 août
- 3 min de lecture
Mardi matin, 8 h 47. Un chef d'équipe dans une entreprise de services professionnels de Longueuil remarque que Marc-Antoine, habituellement le premier arrivé et le dernier à quitter, traîne les pieds depuis deux semaines. Il évite les réunions d'équipe, répond par monosyllabes, et son courriel du dimanche soir (« je voulais juste finir ça avant lundi ») n'a pas échappé au gestionnaire.
Ce dernier a deux choix : glisser un « ça va, Marc-Antoine? » entre deux dossiers, ou attendre que la situation se règle d'elle-même.
Ce moment, en apparence banal, est exactement celui que la Loi 27 cherche à outiller. Parce qu'en matière de risques psychosociaux (RPS), le gestionnaire de premier niveau n'est pas un simple exécutant des politiques RH : il en est souvent le principal déterminant.

Un poids qu'on sous-estime
Une étude menée en 2023 par le Workforce Institute auprès de 3 400 travailleurs dans 10 pays a révélé un constat frappant : l'influence d'un gestionnaire sur la santé mentale d'un employé équivaut à celle de son médecin ou de son thérapeute, et rivalise avec celle de son conjoint ou de sa conjointe. Sept salariés sur dix estiment que leur bien-être psychologique dépend directement de leur relation avec leur supérieur immédiat.
Au Québec, où près d'un travailleur sur quatre rapporte un niveau de stress élevé au travail selon les données de la CNESST et de l'INSPQ, cette donnée change la façon dont on devrait penser la prévention.
On investit beaucoup dans des sondages, des diagnostics et des plans d'action collectifs, mais on oublie parfois que c'est dans les interactions quotidiennes, entre un gestionnaire et son équipe, que les RPS se manifestent d'abord, et que la prévention devient possible.
Les gestes qui font une vraie différence
Les gestionnaires n'ont pas besoin d'un diplôme en psychologie pour agir sur les grands facteurs de risque reconnus par l'INSPQ (charge de travail, reconnaissance, soutien social, clarté des rôles).
Ils ont besoin de repères concrets :
Nommer la charge de travail avant qu'elle ne devienne un fardeau silencieux, en révisant les priorités d'équipe chaque semaine plutôt qu'en réagissant après un signalement.
Reconnaître le travail accompli, pas seulement les résultats exceptionnels. Un simple « j'ai remarqué que tu as géré ce dossier difficile avec brio » a un effet mesurable sur l'engagement.
Clarifier les rôles et les attentes, particulièrement en contexte hybride, où l'ambiguïté sur qui fait quoi est une source de tension sous-estimée.
Ouvrir la porte sans forcer la confidence. Un « comment ça va vraiment? » posé régulièrement, sans attendre une crise, envoie un signal clair : ici, on peut en parler.
L'angle mort de la Loi 27
C'est ici que plusieurs PME québécoises trébuchent. Elles adoptent une politique de prévention, forment leur équipe RH, et s'arrêtent là, sans jamais outiller les gestionnaires qui sont pourtant les mieux placés pour détecter les signaux précoces.
Or, la loi 27 exige une démarche structurée d'identification et de gestion des RPS, pas seulement une politique sur papier. Un gestionnaire qui ne sait pas reconnaître un facteur de risque, ni comment le documenter, devient malgré lui un maillon faible de cette démarche.
Les données appuient cette lacune : 47 % des employés identifient le manque de soutien de leur gestionnaire comme un facteur de stress important, et près de 4 employés sur 10 hésiteraient à parler d'un enjeu de santé mentale à leur supérieur actuel. Ce n'est généralement pas un manque de bonne volonté, mais un manque d'outils et de formation.
Si vous suivez tout ça dans un fichier Excel partagé entre RH et gestionnaires
Beaucoup d'entreprises que nous rencontrons ont déjà commencé, souvent avec un fichier de suivi, une grille maison ou des rencontres individuelles notées à la main. C'est un bon réflexe : ça démontre une volonté réelle de bien faire les choses. Mais à mesure que l'équipe grandit, ce système devient difficile à maintenir, à centraliser et à présenter en cas d'inspection de la CNESST. Les gestionnaires se retrouvent souvent avec la responsabilité d'agir, sans les moyens structurés de le faire de façon cohérente avec le reste de l'organisation.
Investir dans vos gestionnaires, c'est investir dans la conformité
Structurer le rôle du gestionnaire dans votre démarche RPS n'est pas une dépense supplémentaire : c'est l'endroit où votre conformité à la loi 27 devient réelle, plutôt que théorique.
Une plateforme comme Mentalia permet d'outiller vos gestionnaires avec des repères clairs, de centraliser les observations et de documenter chaque étape de façon structurée, exactement ce que la loi demande.
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